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80ème Anniversaire de la libération de Lutterbach

Roger

Je me souviens…


C’était il y a 80 ans, et je me souviens de la libération de notre village sinistré à 96% pendant la 2ème guerre mondiale.

Je me souviens des bombardements, du bruit, des obus, du claquement des bottes des officiers nazis.

Je me souviens de la cave de la brasserie où nous nous sommes abrités pour nous protéger des attaques aériennes.

Je me souviens de mon premier souvenir d’enfant dans les bras de mon père lors d’un bombardement.

Je me souviens des caves du pensionnat où nous nous sommes réfugiés pendant 10 semaines avec ma maman et ma grand-mère dans l’attente de la libération.

Je me souviens des actes de solidarité de certaines personnes et de l’égoïsme de bien d’autres.

Je me souviens du pillage (par les habitants) du butin que les troupes allemandes avaient entreposées dans la salle de gymnastique près de l’école communale.

Je me souviens des martyrs de la résistance : de Monsieur FREUND, de SCHWARTZ Edouard (résistant FTP) décapité à la hache à HEIDEL BERG.

Je me souviens des résistants F.F.I. de SCHEURRER Joseph, de WURTZ Edmond, de SCHRECK Joseph, de KRITTER René, de BURGARD Joseph, de PETER Albert (mon parrain) de WINTERHALTER Julien (mon père) et de bien d’autres.

Je me souviens de notre fuite (ma maman, ma grand-mère et moi-même) à travers la forêt de Richwiller, du soldat allemand qui nous avait aidé à attacher ma grand-mère sur notre charrette (car elle ne pouvait plus marcher).

Je me souviens aussi du pillage des habitations (par les habitants !!!) ;

Je me souviens du retour de mon papa avec les libérateurs.

Je me souviens du crâne rasé d’une femme accusée de collaboration (ce n’était pas glorieux).

Je me souviens des drapeaux tricolores qui avaient remplacés les drapeaux nazis en l’espace de quelques semaines.

Je me souviens des fêtes de la libération.

Je me souviens des défilés, de mes chansons avec les anciens résistants.

Je me souviens de la soupe populaire, des assiettes, de la vaisselle, du charbon offerts par la commune de MONCEAU-LES-MINES.

Je me souviens « aussi » de cette « chasse » égoïste pour bénéficier des dommages de guerre, parfois bien supérieurs à la valeur des biens détruits.

Je me souviens de Jean BITSCH fils de l’ancien maire (destitué par les nazis) qui a été incorporé de force dans l’armée allemande, qui a déserté pour rejoindre le maquis et… ensuite la première armée française.

Je me souviens aussi de l’accueil réservé des dizaines d’années plus tard à nos libérateurs, et notamment du Commandant VOISIN qui avait commandé l’attaque qui a permis de libérer notre village, du Commandant LEGRAND devenu par la suite Général, de M. MORIAUX qui a perdu un œil lors de l’attaque qui est devenu ce qu’on appelle une « Gueule cassée », et que Brigitte et moi-même avons accompagné jusqu’à la fin de sa vie.

Je me souviens aussi de Maurice KRIEGEL VALRIMONT chef de la résistance, animateur du Conseil National de la Résistance, Citoyen d’Honneur de Lutterbach.

Et… si hier et aujourd’hui encore, je me suis battu et me bat toujours

Pour la Liberté

Pour la destruction des armes de guerre

Pour la Paix et la réconciliation des êtres humains

Pour une citoyenneté mondiale qui dépasse les frontières.

Eh bien, c’est en mémoire de nos résistants, de nos libérateurs qui sont restés vivants dans mon cœur.


Et que VIVE LA CITOYENNETE MONDIALE


Le 20 janvier 2025


Roger WINTERHALTER


PS.

Je dédie ce texte rédigé spontanément un matin du 80ème anniversaire de la Libération

A mon épouse et compagne BRIGITTE

A mes filles NATHALIE et CHANTAL

A THOMAS et CATHERINE

A mes petits et arrières petits enfants

A ma famille

A mes compagnons de lutte

A mes camarades allemands de la ARMUTS KONFERENZ DU BAD WURTEMBERG (conférence pour la grande pauvreté)

A toutes celles et ceux qui me sont chers

ROGER WINTERHALTER maire honoraire Lutterbach
















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